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Couv café philo 2018

PHILO 2019CAFE    PHILO 2019 Vers un humanisme pur

INSTITUT DE PHILOSOPHIE SAINT-JOSEPH – MUKASA

CAFE – PHILO

Edition 2019

VERS UN HUMANISME PUR

Du Pré-historique au méta-politique

 

 

 

 

 

Journées de réflexion sur la conception d’un humanisme fondé sur la loi naturelle (le pré-historique), et orienté par la visée d’un au-delà des idéologies régnantes (le méta-politique). Peut-on sortir de l’humanisme empirique enraciné dans les dogmes et les mystères de la religion, transporté par les passions contradictoires de la politique, ou illuminé par les rêves transhumanisants de la technoscience contemporaine ? Peut-on envisager, dans cette perspective, un homme tout simplement nu, un paradigme pur de la loi naturelle, non encore trempé dans les colorations des modes et des idéologies, ou déjà dépouillé de ces dernières ? La loi de Dieu, universelle et absolue : tu aimeras ton prochain comme tu t’aimes toi-même, ou encore fait le bien et évite le mal, n’est-elle pas édictée en dehors de toute connotation organisationnelle ?

Comme on le voit, il s’agit d’une approche transcendantale – avant toute expérience – qui, pour répondre à la préoccupation d’un humanisme authentique, conséquence d’une meilleure saisie de la loi naturelle, doit s’éclater en plusieurs perspectives. Ci-dessous, nous présentons certaines, comme des termes de références, comme indications pour une possible réflexion philosophique.

 

VERS UN HUMANISME PUR

Termes de références

  1. La notion philosophique de la loi naturelle

Il s’agira ici d’une définition de la loi naturelle avant le droit écrit. Ce rappel des définitions, avec les différents auteurs de cette doctrine, est important au seuil de cette réflexion collective, pour fixer les esprits et permette des débats en connaissance de cause.

2. Esquisse d’une définition de l’humanisme en général, et de l’humanisme négro-africain en particulier

Référence sera nécessairement faite aux auteurs occidentaux antiques, à ceux du Moyen âge et de la Renaissance, puis aux modernes et aux contemporains. Suivra ensuite, dans une problématique comparatiste, ou d’éclairage réciproque, la présentation de l’humanisme négro-africain, les valeurs traditionnelles courantes, l’Ubuntu ou la Bisoïté, avec le souci de montrer, dans cette réflexion, la non-référence aux idéologies tant politiques que religieuses.

3. Les droits de l’homme : liaison ou rupture avec la loi naturelle ?

Trois Déclarations sont en ligne de noire dans cet intitulé. Le Bill of Rights américain de 1776, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, de 1789 en France, et la Déclaration universelle des droits de l’homme, de 1988. Le but de ces références topiques est de faire voir dans quelle mesure le fond de ces différents textes développe un humanisme indépendant, sans plus ou moins s’inféoder, soit à Dieu, soit à quelque grande idéologie repérable.

4. La norme naturelle du sexe et ses écarts juridiques

Ce à quoi est naturellement dédié le sexe est la procréation, à quoi Dieu – ou la Nature – a dû probablement associer une sensation qui rend moins pénible la noble mission. Mais la civilité et la civilisation ont fait éclater une mission première, trop naturelle et trop primitive, vers des formes d’usage contre-nature mais dites plus culturelles et moins animales (Sartre). Il y a donc, ici, une querelle d’humanisme. Fort bien juridicisé, l’écartement de la norme, corrélatif à la normalisation de l’écart, correspond-il à un progrès ou à une régression de l’humanisme ? L’humanité se sert-elle plus avancée dans l’écart que dans la norme ?

5. L’esclavage et les droits de l’homme aujourd’hui

La loi naturelle qui permet au gros poisson de se nourrir des plus petits de son genre peut-elle raisonnablement s’appliquer à l’homme ? Le forcing du Code noir n’a-t-il pas été décrié par les Lumières, et cela jusqu’aux lois d’abolition ? Les compromissions juridiques du néolibéralisme instrumentalisé par la mondialisation ne sont-elles pas des tentatives de réédition des tendances anti-humanistes ? D’où vient la tendance même à la juridicisation de l’état de nature dans ses aspects les plus cyniques ?

6. Les droits de la femme

D’aucuns pensent que la femme, être humain à part entière, jouit d’un statut naturel spécial, quasiment infra-humain. Simone de Beauvoir prétend le contraire : « on ne naît pas femme, on le devient ». De par le jeu des lois, des structures et des habitudes. Rédiger une Déclaration concurrente comme le fit Benoite de Groult (Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne) ? La femme africaine y serait-elle inclure ? Comment Aminata Traoré interviendrait-elle dans ce débat pour rejoindre l’idéal universel à partir de sa position spécifique d’Africaine. C’est la problématique de l’égalité universelle qui se déplie ainsi.

7. Le droit de Dieu et l’humanisme indépendant

Athéisme, laïcité, humanisme. La pratique d’un humanisme, l’existence de Dieu, ou celle même du droit d’en parler ? Il s’agira, si possible, de commenter l’ouvrage de Claude Bruaire, Le droit de Dieu (Aubier Montaigne, 1974), qui cherche à savoir s’il est possible, à notre époque, de soutenir rationnellement l’affirmation de Dieu, sans verser dans la provocation. Pour couper court, Maurice Clavel vient tonner : Dieu est Dieu nom de Dieu ! , mais sans sonner la forclusion de l’interrogation. Quittons même le christianisme, coloration que Claude Bruaire a volontairement donné à sa spéculation métaphysique. La croyance en cet au-delà est-elle, ou non, une boussole nécessaire et suffisante ?

8- Humanisme et écologie : le rôle de la société civile

Il s’agira, dans cette réflexion, de s’interroger, puis de montrer en quoi une écologie bien définie constitue un nouvel humanisme, et dissoudre, ainsi, un bon nombre d’ambiguïtés. Une bonne distinction sera donc nécessaire entre l’écologie politique et l’écologie spiritualiste. Empreintes de religiosité, idem, comme les autres, certaines conceptions de l’écologie jouent sur la culpabilité de l’homme qui profanerait la Nature. Le postulat est alors celui d’une nature humaine malfaisante (odeurs et relents judéo-chrétiens), qui détruirait le bien de la nature et le bon produit du terroir. (Cf. la théorie du bon sauvage). Ces conceptions spiritualistes font du tort à l’écologie politique, et aux citoyens qui se battent pour des solutions collectives. La réflexion doit mettre en valeur le caractère éminemment social d’une écologie qui ne saurait donc s’intégrer aux idéologies néolibérales actuelles. Un changement de paradigme s’impose donc : un nouvel humanisme qui intègre l’homme dans sa biodiversité au lieu de l’y soumettre. Intégrer le respect du vivant sans régresser vers la soumission naturaliste aux lois du vivant. Seule la société civile peut donc sauver la donne en définitive, face à nos Etats trop englués dans leur puissance jacobine, trop soumis à la domination de firmes souvent incontrôlables et autonomes. En essayant de démêler avec patience l’écheveau de cette problématique extrêmement complexe, on aboutit à la conclusion que l’égalité humaniste ne peut se construire qu’avec le respect de la biodiversité. Seules les finalités humaines devraient être la boussole de la production des biens et des services.

 

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